L’anxiété au temps du COVID-19

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Bienvenue sur mon « vieux » blogue. Je dis mon vieux blogue puisque c’est une plateforme que j’avais délaissée dans les derniers temps… par manque de temps. Vous devinerez que j’ai présentement l’opportunité de regarder la trotteuse trotter. Après avoir récuré ma maison, perdu le compte de mon sommeil et grignoté à ne plus avoir envie de manger… j’étais à la recherche d’occupation. En passant trop de temps sur les réseaux sociaux de ce monde, je suis tombée sur plusieurs personnes qui semblaient perdues dans leur tourbillon d’anxiété. J’ai eu envie de dire mon mot et c’est ainsi que j’arrive ici, noir sur blanc, devant tes yeux.

Il faut me connaitre au-delà de mon rire pour savoir que j’ai un trouble d’anxiété. J’évite toujours le sujet parce que je n’ai pas envie que les regards soient différents où qu’on se questionne en mon absence. Parce qu’au fond, c’est un peu ça la source de mon anxiété, avoir peur de ce que tu penses de moi. C’est étrange d’avoir honte d’un diagnostic, tu ne trouves pas? Je n’ai jamais vu personne avoir peur de dire qu’il était diabétique, asthmatique ou même atteint d’une grippe (sauf en 2020 bien sûr). En gardant notre distance sociale, je vais te partager mon intimité. Si le cœur t’en dit, je te souhaite une bonne lecture.

Août 2017 – 5 h du matin

Je me suis réveillée en sursaut avec une sensation inconnue. J’espère que vous ne vous réveillerez jamais dans l’incapacité de respirer. C’est fou de prendre pour acquis une chose si essentielle. J’ai pleuré par peur de mourir, j’ai pleuré en voyant la détresse dans le regard de mon père et j’ai pleuré quand j’ai dû me rendre à l’urgence. J’ai pleuré quand j’ai vu les gens me laisser la priorité. Mais surtout, j’ai pleuré quand le médecin m’a dit que je n’avais rien. C’est triste de penser que, ce jour-là, Katherine, 23 ans, aurait préféré se faire diagnostiquer une maladie quelconque. C’est lorsqu’on m’a mise en arrêt de travail pour un temps indéterminé que j’ai compris que je n’avais pas « rien » mais plutôt qu’on ne savait pas quoi faire de mon cas.

Automne 2017 – Questionnements

Ce fût la période du sommeil à rattraper, des questionnements sans réponse et des séances interminables chez le psychologue. Nous ne prendrons pas encore plusieurs détours de mots, on m’a diagnostiqué un trouble d’anxiété avec crise de panique. C’était un peu soulageant d’enfin comprendre pourquoi mes yeux se remplissaient facilement de larmes depuis mon enfance. Chaque fois que j’étais confrontée à un semblant d’échec, je manquais d’air et je commençais à pleurer. À l’âge adulte, on affronte des choses un peu plus graves qu’un « B » au lieu d’un « A » dans son bulletin. Évidemment, mes réactions ont donc pris des proportions différentes.

Hiver 2018 – Investissements

Après avoir investi la mise de fonds d’une maison dans ma santé mentale, j’ai commencé à mieux respirer. Je me suis adaptée à ma médication et j’ai commencé à espacer mes rendez-vous chez le psychologue. Ma vie a repris son traintrain quotidien mais avec moins de poids sur mes épaules.

Automne 2019 – Rechute

J’ai décidé de cesser ma médication. J’étais en contrôle de moi-même. Ce fût un échec. Après deux mois sans médication, les crises étaient de retour, mon sommeil se faisait rare et mes émotions se foutaient de ma volonté.

Hiver 2020 – Acceptation

J’ai recommencé ma médication. J’ai repensé à ma perception et j’ai compris que je n’avais pas rencontré un échec. Les diabétiques ont besoin d’insuline et les asthmatiques ont besoin de leur pompe. Moi, j’ai besoin de ma médication. Également, j’ai besoin de m’accorder au moins deux heures de méditation par semaine. Ce n’est pas la fin du monde.

Printemps 2020 – Covid-19

C’est ce qui m’amène à aujourd’hui. Je suis noyée par des témoignages de personnes qui se retrouvent au sommet de leur anxiété. J’aurais envie d’offrir un câlin à chacune de ces personnes en leur soulignant qu’ils ne sont qu’au début de leur parcours.

C’est vrai, mon anxiété n’a jamais été autant discrète. Je dors mieux, je respire mieux et je n’ai pas de poids sur les épaules. Tout ce qui pourrait être anxiogène ne peut pas m’atteindre. Je suis bien chez moi et c’est ce qui est important. Ma priorité, depuis l’automne 2017, c’est de me construire un cocon de bonheur. C’est d’être entourée des meilleures personnes pour moi. C’est pour cela que je me sens si bien présentement. Je garde une proximité virtuelle avec mes proches.

Si la panique contrôle présentement les battements de ton cœur, je t’annonce que tu es au tout début de ton combat. Ce ne sera pas facile mais tu devras te questionner. Tu devras te demander pourquoi, en restant confiné avec toi-même, ton souffle se fait court.

Je suis consciente que nous nous retrouvons dans l’inconnu, que plusieurs sont confrontés à des problèmes de santé ou des craintes financières. Par contre, pour la seule fois de ta vie, tu peux te dire que la planète entière est dans la même situation.

Prends ce temps pour toi, reposes-toi et poses-toi les questions essentielles.

Ce n’est que le début de ton bonheur, ça va bien aller!

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